
- Entre 10 000 et 5 000 ans avant notre ère :
L'usage du cuir remonte aux origines de l'humanité, il n'a pu toutefois être attesté qu'indirectement, grâce à la découverte d'outils ayant certainement servi au travail des peaux et de restes osseux d'animaux portant des traces de dépeçage. Pour rendre les peaux imputrescibles, on les soumettait à l'action de la fumée. Un rapprochement de cause à effet a probablement permis à l'homme de découvrir le tannage végétal à l'aide d'écorces, de bois ou de feuilles.
La peau fut d'abord tannée avec le poil ou la laine, et ce pour, des besoins vestimentaires. L'utilisation du cuir pour faire de la chaussure est certainement beaucoup plus récente.
Naissance des premières corporations de tanneurs.
la postérité de la profession est très grande entre 1550 et 1650.
Les techniques de fabrication restent rudimentaires et ce n'est qu'un siècle plus tard, vers 1750, qu'apparaissent certains outils comme étires, bigornes, paumelles, couteaux, faux, etc.
Le nombre d'artisans tanneurs atteint en France le chiffre considérable de 5 000, employant de
30 000 à 40 000 personnes.
- En pleine révolution française :
Seguin créé le procédé par extraction.
Les peaux brutes s'achètent dans des ventes publiques aux enchères, dont les statuts sont toujours en vigueur.
Le tannage au chrome est découvert en Allemagne.
Le tannage aux sels de fer vit le jour.
Fabrication industrielle des premiers extraits tannants végétaux en France.
La tannerie prit véritablement rang d'industrie avec l'apparition des premières machines.
La tannerie seule groupe alors près de 1 500 entreprises occupant
25 à 30 000 personnes.
La tannerie s'est spécialisée dans l'utilisation des cuirs lourds, surtout pour la semelle et les cuirs industriels.
Apparition des premiers procédés vraiment modernes, l'idée d'une meilleure productivité et l'utilisation de machines plus rationnelles.
Le matériel utilisé pour les opérations de tannerie est de plus en plus automatisé. La fabrication du cuir sera informatisée, et le tanneur en sabots et tablier de cuir ne sera plus qu'une image du passé.

Le tanneur ne présente pas au tannage la peau brute telle qu’il la reçoit de l’usine. Il lui fait subir un travail préalable au cours duquel il en élimine les souillures superficielles :
1°) LE SALAGE
La peau, en provenance des abattoirs arrivent à la tannerie recouverte de sel. La salage permet de conserver la peau en bon état et d’éviter la putréfaction des éléments qui constitue, après tannage, le cuir.
2°) LE REVERDISSAGE ou LA TEMPE
La tempe consiste en une immersion plus ou moins prolongées dans une eau agitée et renouvelée.
Ainsi , la peau absorbe le plus d’eau possible afin de lui rendre tout la souplesse et toute la fermeté qu’elle a perdues au cours de sa conservation dans le sel.
3°) LE PELANAGE
La peau est mise, ensuite, dans des pelains, grands bacs contenant de la chaux qui aident à dissoudre la kératine (Scéroprotéine imperméable à l’eau, riche en soufre, substance fondamentale des poils, ongles, …)
4°) L’EBOURRAGE
Sortie du pelain, la peau, placée sur un chevalet, est ébourrée à l’aide d’un couteau à lame légèrement incurvée (couteau de rivière). C’est-à-dire que l’on dépouille de la peau d’animal, les poils qui la recouvrent : le côté des poils porte le nom de bourre.
5°) LE PREMIER RINCAGE
Un premier rinçage permet d’éliminer les poils restants à la surface de la peau.
6°) L'ECHARNAGE OU ECOLLAGE SUR LE CHEVALET
L'outil utilisé pour cette opération, la faux, ressemble au couteau d'ébourrage : sa lame est plus tranchante. La graisse et les particules de chair récupérées sont revendues et servent à faire de la colle.
7°) LE DECHAULAGE
A l'issue de cette opération, toute la chaux doit avoir disparu.
Le déchaulage était jadis un travail long et pénible ; il consistait en trempages dans la rivière : une eau très douce dissoudait la chaux qu'en petite quantité.A partir de 1926, pour diminuer le travail de l'homme, on a eu recours à un tonneau à foulon. Cet outil a permis une plus grande rapidité de traitement.
8°) BASSERIES
Placées dans une caisse, les peaux sont ensuite suspendues sur des cadres de bois dans des bacs "basseries" contenant des solutions de plus en plus concentrées de matière tannante : écorce de chêne moulue, orge châtaigner.
9°) LE TANNAGE
Les peaux sont placées dans des fosses, sortes de grand bouquet de bois enterrées.
On remplissait la fosse par des couches alternantes d'écorces et de cuirs. Elles y resteront 5 à 8 mois. Le tan (écorce de chêne d'un brun roux, réduite en poudre pour le tannage des peaux) usagé est ensuite entreposé dans de grand bacs avant d'y être piétiné par des chevaux, mélangé à un peu de terre, moulé et séché. Le tan est ensuite vendu comme combustible.

On utilise les peaux des moutons, chèvres, porcs, phoques, reptiles, crocodiles, poissons, autruches, antilopes, daims.
- Pour les dessus de chaussures :
Les peaux des animaux y sont utilisées : boeufs légers, vachettes et veaux, chevaux et poulains, chèvres et chevreaux, porcs, antilopes et daims.
Pour ceci il nécessite les peaux d'antilopes, daims, porc, pécaris, moutons, agneaux, chevreaux et agneaux.
Les peausseries et cuirs fabriqués par la tannerie vont :
- pour 60% à 65% à la chaussure
- pour 10 à 20% à la maroquinerie
pour 20 à 25% dans d'autres branches diverses (ameublement, carrosserie, automobile, décoration). |